Critiques

« Le style d’une œuvre permet généralement de l’apparenter à une catégorie esthétique déterminée, mais certaines peintures résistent aux classifications tranchées. Non qu’elles se tiennent en marge de leur époque, mais il leur arrive de chevaucher plusieurs postulats.
C’est le cas de Laurence Imbert, dont l’itinéraire pictural brouille les pistes, en jumelant d’une part, l’activité du conscient et du subconscient et de l’autre, en délivrant une abstraction volatile compartimentée… »
« …Finalement, au delà de l’aspect ludique que d’aucuns souhaiteraient y déceler, l’œuvre polysémique de Laurence Imbert ne fait rien d’autre que dévoiler sa déchirure. »

Gérard Xurigera

« Je ne savais pas qu’avec des lignes on pouvait faire du feu.»

Augusto Lunel

« … Le temps semble suspendu. Tout l’univers communique, se mélange, se dévore, se contourne, s’étreint, se pare, se revêt comme pour mourir. Cet instant de grâce éphémère, des êtres l’ont connu, des paysages aussi… moment d’accalmie, d’amour, de grâce… Rien ne heurte les sens, ni le regard… Cette intensité fragile est hors du quotidien. Tant est grande l’intensité, qu’on voudrait la retenir, la contenir, l’absorber, l’embrasser. Le normal est dérouté, l’extraordinaire se déploie en parure de paon comme pour une danse nuptiale. C’est de cela qu’il est question dans les tableaux de Laurence Imbert. Fragilité combien forte puisque chaque couleur se trouve ciselée, inscrite dans un ciel étrange où la folie retrouve toute sa lucidité. L’ombre des mauves créant la lumière, venue d’ailleurs… Un soleil rouge perdu, presque éteint… Forme de vie… naissance… nuage d’imagination… le tout porte le rêve, le transporte… je voyage, aucun mur… des portes d’aube m’absorbent dans le bleu, le gris, le tendre, l’indéfinissable… En demi-teinte, je touche le sensible, la signification des rapports de tons. Des rues de lumière traversent le ciel, le déchirent… L’imaginaire est peint. Au-delà du formel ou de l’informel, Laurence Imbert nous propose un monde qui n’est autre que l’image d’elle-même…»

Jean-Loup Philippe (extrait)

« Elle est née bannie en un silence stellaire, théâtre de ses prouesses. Elle rêve d’avoir le vagin de la reine Victoria… d’une candeur aussi émouvante que les comètes du firmament.
Ô exubérance de ses branches mêlées et inaccessibles ! Elle avance à brûle-pourpoint à l’assaut de l’absolu. Tout vient d’elle et tout retourne à elle, qui est de la création, le miroir. Elle repousse sa vie dans l’espoir de la retrouver dans le croquis de sa mémoire et ajuste ses inclinations à l’aune de son génie.»

Fernando Arrabal, Le vagin de la reine Victoria

« … Des scènes étranges, des paysages perdus dans une lumière crépusculaire, un théâtre de solitude et de nostalgie. Elle découvrait bientôt que les véritables personnages de l’art de peindre sont les formes et les couleurs : des écus, des blasons abstraits, jeux d’espaces en contrepoint, géométries sensibles mariant chaleur et rigueur, tension et abandons, volonté et instinct. Les éléments sont la simplicité même ; organisés en textures surprenantes, ils composent de saisissants poèmes visuels où l’oeil aime à s’attarder… »

Jean-Clarence Lambert (extrait)

« Un regard clair, très clair, qui change avec la couleur du ciel, le rythme des saisons. Le regard encore rêveur de l’enfant sur lequel le temps ne semble pas avoir eu d’autres prises que ces légères, si légères et émouvantes griffures qui prolongent et ponctuent la paupière comme autant de signes gravés par les joies, les peines et les passions de l’existence dont celle prenante, exigeante, sans concession du Beau qui la possède toute entière depuis sa lointaine jeunesse. Ce Beau, cette passion du Beau qui l’incite à fuir dès l’âge de seize ans le conformisme du foyer familial… »

Pierre Brisset (extrait)

« La peinture de Laurence Imbert nous ouvre les jardins du ciel. Ce sont des paysages lointains sans ressemblance avec le connu, des régions encore inexplorées aux couleurs et aux formes imprévisibles. (…) En une performance dansée, elle tourne autour de la toile, ou entre à l’intérieur, pour la couvrir d’entrelacs, de réseaux énergétiques all over où l’oeil se perd. (…). Les références convoquées sont à la fois exaltées et mises à mal, dans une circularité, un éternel retour qui les vivifie. Il y a chez elle subversion de la référence, détournement, retournement spectaculaire. Rarement peinture a été aussi vivante.»

Françoise Py

« La peinture de Laurence Imbert est solaire, généreuse… Elle agit sur moi, comme le ferait une icône géante, avec ses couleurs, ses sonorités, or, jaune, lumineuses. Cette énergie jaillissante, rayonnante, transforme l’âme de celui qui regarde… Un mouvement qui remonte à la source mystérieuse d’un Big-Bang intérieur. Architectures, tourbillons célestes, cosmos en évolution, spirales mystiques… Art du proche et du lointain, lien entre l’atome et l’immensité, l’infini des galaxies…
Laurence Imbert m’entraîne dans un voyage imaginaire comme une musique flamboyante… « Frappe l’étoile : les nombres invisibles s’accomplissent : des trésors d’atomes s’accroissent dans l’espace. Des sons rayonnent. » (Rilke) Une peinture, une musique des dieux lointains inconnus. Musique des hommes. Musique vraie.»

Alain Kremski